Histoire des monnaies

Trial of the Pyx : sept siècles à mettre les monnaies à l’épreuve

Une monnaie peut passer devant un jury sans avoir commis la moindre faute. Au Royaume-Uni, le Trial of the Pyx contrôle depuis des siècles que les pièces produites par la Royal Mint respectent les caractéristiques prévues. Derrière les robes, les coffres et les bols de cuivre se cache une véritable procédure de protection du public.

Illustration autour de l’or
Illustration d’une monnaie britannique en or déjà présente sur le site. Elle ne représente pas une pièce prélevée pour le Trial of the Pyx.

Une boîte qui a donné son nom au contrôle

Le mot « pyx » vient du latin pyxis, qui désigne une petite boîte. La Goldsmiths’ Company situe le premier procès public documenté en 1248 : douze citoyens de Londres et douze orfèvres avaient alors été choisis pour examiner la monnaie. Depuis 1871, la cérémonie se tient habituellement à Goldsmiths’ Hall, même si l’édition 2026 a exceptionnellement été organisée à Mansion House pendant des travaux.

Tout au long de l’année, des pièces sont prélevées au hasard dans les lots produits par la Royal Mint. Elles sont placées dans des sachets, puis conservées dans les coffres de la Pyx jusqu’au contrôle. Le rituel ancien organise ainsi un échantillonnage concret de la production monétaire.

Sources : 2. The Goldsmiths’ Company · 3. The Goldsmiths’ Company

Peser, mesurer et analyser le métal

Lors de l’ouverture du procès, les jurés sélectionnent des pièces. Le travail se poursuit ensuite au laboratoire de l’Assay Office : poids, dimensions et composition métallique sont comparés aux spécifications légales. La Royal Mint précise que les monnaies testées en 2026 ont toutes satisfait aux exigences de qualité et de précision.

Ce contrôle n’est pas une simple tradition décorative. L’article 8 du Coinage Act 1971 impose qu’un Trial of the Pyx soit organisé au moins une fois chaque année durant laquelle la Monnaie a émis des pièces. Le texte prévoit notamment la mise à part d’échantillons, la convocation d’un jury et la publication du verdict.

Sources : 1. The Royal Mint · 4. UK Legislation

Ce que cette histoire rappelle aux collectionneurs

Le procès vérifie la conformité de la fabrication ; il ne fixe pas la valeur de collection d’une pièce. Celle-ci dépend aussi du type, du millésime, de l’état, de la rareté et de la provenance. Deux monnaies de même métal peuvent donc raconter des histoires très différentes.

Pour documenter une pièce conservée en famille, évitez de la nettoyer. Photographiez les deux faces, la tranche, les inscriptions et l’écrin éventuel, puis gardez les documents avec l’objet. Ces repères faciliteront son identification sans confondre composition du métal, conformité d’origine et valeur numismatique.

Sources : 1. The Royal Mint